Culture

Un festival emprunt de nostalgie

Par: Julien ANTINOFF  

FESTIVAL Sixième volet de notre dossier consacré au Festival International du Film de Marrakech. En cette année 2008, le festival rend hommage à des cinémas de différentes nationalités, mais aussi à Michelle Yeoh et Sigourney Weaver, ainsi qu’au réalisateur égyptien Youssef Chahine, décédé cette même année.

Le Festival International du Film de Marrakech (FIFM) s’ouvre le vendredi 14 novembre 2008. Au programme de cette édition, 121 projections dont 15 longs métrages en compétition représentant entre autres, les Philippines, l’Argentine, l’Irlande et le Maroc. Le Royaume est en lice avec le film “Kandisha” du réalisateur Jérôme Cohen-Olivar. Lors de cette première soirée, c’est Charlotte Rampling, présidente du premier festival en 2001 qui a déclaré cette édition ouverte, ajoutant : “Je suis une amie de ce festival qui nous donne tout ce que nous voulons pour la prospérité du 7ème Art.”  Elle a ensuite appelé sur scène le président du Jury, le réalisateur américain Barry Levinson. Ce dernier a notamment tourné Avalon et Rain Man. Il a présenté son dernier film “What just happened ?”

Nostalgie
Cette huitième édition est marquée par de vibrants hommages. Le premier est rendu au cinéma britannique, avec plus de quarante ans de création allant de “If” de Lindsay Anderson, Palme d’or en 1969 au film de Ken Loach “Le vent se lève”, qui reçut cette récompense en 2006.  Au total, c’est une quarantaine de films, qui sont projetés aux festivaliers. Fidèle à sa réputation de mélange des cultures, le FIFM met aussi à l’honneur le cinéma russe avec une rétrospective intitulée “la Russie d’Andrei Konchalovsky”. Une manifestation qui sera présentée l’année suivante à Paris. Sept films du réalisateur sont offerts au public. La Russie est le pays de cette édition puisque le film "Wild Field" de Mikhail Kalatozishvili remporte l'Etoile d'or. L’émotion est aussi au rendez-vous avec Youssef Chahine, mort en juillet de cette même année. Déjà honoré en 2004, onze films égyptiens sont projetés dans le cadre de cette hommage posthume. Toujours dans le thème d’une programmation flash back, des films d’Alfred Hitchkok et de Stanley Kubrick sont présentés au public. Le cinéma marocain n’est pas en reste puisque à l’occasion de ses cinquante ans, le film “Le Fils Maudit” de Mohamed Osfour est diffusé. Tourné en 1958, c’est la première fiction de long métrage du Maroc post indépendant. Enfin, pour terminer cette série d’hommage qui aura marqué cette huitième édition, deux grandes actrices Michelle Yeoh et Sigouney Weaver recevront un trophée d’honneur. 

Arrêtons nous sur une initiative importante, mise en place par la chaîne Arte. Pendant ces neufs jours de festival, elle propose huit films de grands cinéastes qui ont été modelés techniquement afin de permettre aux aveugles et non voyants de les suivre. Une première dans un grand festival qui repose sur la technique de la description à travers une voix transmise par casque. 

Texte Julien Antinoff
Photo DR

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