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Friction sur la question des droits de l'Homme à Marrakech

Par: Julien ANTINOFF  

SOMMET Après le Global Entrepreneurship Summit, qui a réuni, la semaine dernière, de nombreuses personnes influentes du monde des affaires, Marrakech accueille du 27 au 30 novembre le Forum mondial des droits de l’Homme (FMDH). Une preuve de l’importance prise par la ville ocre sur les sujets sociétaux et économiques, mais qui ne se déroule pas sans accroc.

Organisée par le Conseil national des droits de l’Homme, la seconde édition de ce forum, se déroule du jeudi 27 au dimanche 30 novembre. “Cet évènement va permettre de donner une vision sur les nouveaux objectifs à atteindre après l’année 2015”, a déclaré, lors de la conférence de presse des organisateurs, Driss El Yazami, Président du Conseil national. Plus de 5.000 personnes issues de 94 pays sont attendues pour aborder plusieurs thèmes : l’approche des droits de l’Homme, la lutte contre le terrorisme, la liberté numérique et la lutte contre la cybercriminalité. D’autres problématiques sont au menu des discussions notamment, l’abolition de la peine de mort, le statut de la femme dans la société ou encore l’éducation à la culture des droits humains. 

Sur ce dernier point, le ministre délégué auprès du ministère de l’Éducation nationale, Abdelâdim El Guerrouj, indique qu’une demi-heure sera consacrée, à des activités en rapport avec la question, durant la matinée du 27 novembre. “Nous organiserons des activités diverses dans toutes les écoles marocaines, en simultané. 162.000 classes seront visées, soit un ensemble de près de 6,8 millions d’étudiants. La nature des activités s’articulera autour de 5 valeurs universelles : la liberté, la dignité, la tolérance, la solidarité et l’égalité.”
Un dernier sujet épineux sera abordé celui de l’homosexualité puisque des associations gays ont été conviées au FMDH. 

Un forum sous tension
L’Association Marocaine de Défense des Droits de l’Humains (AMDH) et La Ligue Marocaine de Défense des Droits de l’Homme (LMDDH) ont annoncé leur boycott de ce colloque international. Elles accusent le gouvernement d’instrumentaliser cette rencontre. L’AMDH par la voix de son président, Ahmed El Haij, dénonce une “interdiction systématique” de ses activités par les autorités du pays et estime que “la réaction que nous endurons ne nous parait pas compatible avec une participation”. “La chaise vide n’a jamais été la politique de l’AMDH, qui privilégie plutôt l’échange et le débat. Mais trop, c’est trop” ajoute le président. 

L’association Human Right Watch a intimé les autorités à “arrêter d’entraver arbitrairement les activités des organisations indépendantes de défense des droits humains”
“Nous n’avons exclu personne de l’organisation, et nous restons ouvert à tous les partenaires qui ont une opinion ou un avis à défendre” a répondu Driss El Yazami. 

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