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FIFM - Portrait du chef constructeur. "Je ne verrais pas le Festival du Film ailleurs qu'à Marrakech"

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RENCONTRE Le Festival International du Film de Marrakech est un des évènements les plus importants de la ville, et derrière ce rendez-vous majeur du cinéma, il y a des hommes, des femmes et beaucoup de travail. Made in Marrakech est partie à la rencontre du chef constructeur et décorateur du festival. Scènes, habillages de façades, écrans géants, … c’est lui et toute son équipe.

C’est la deuxième année de collaboration avec le FIFM pour Mohamed Khatiri. A la tête d’une équipe de quarante personnes permanentes, et de cent quarante personnes juste pour les montages et démontages, l’homme assure rester serein face à l’ampleur de la tâche. “Oui, un tel évènement peut paraître stressant, mais, et c’est peut-être une question de caractère, je suis tranquille et pas du tout stressé, car mon équipe est bien rodée, tout est parfaitement organisé en amont et je suis bien entouré. Il faut avant tout être réactif, et toujours prévoir un plan B”. Mohamed Khatiri vit et travaille le reste de l’année à Casablanca, depuis dix ans. Avant ce retour aux sources, il vivait à Paris, dans le quartier de Belleville, où toute sa famille vit toujours. “J’ai besoin de retourner là-bas régulièrement, me ressourcer, même si, quand j’y suis, le Maroc me manque”.

Il a été choisi par le festival pour ses précédentes réalisations, aux Assises du Tourisme par exemple, ou au Forum international de Davos. A ses débuts au Maroc, ayant toujours travaillé dans le bâtiment et la décoration, Mohamed Khatiri a compris l’incroyable ressource de l’artisanat marocain. “Mais ça manquait d’organisation et de rigueur”. Voilà ce qui l’a motivé. D’ailleurs, sur le festival, rien n’est laissé au hasard, et surtout pas la sécurité. Des normes strictes internationales sont imposées, validées par un bureau de contrôle. Toutes les réalisations et fabrications ont été pensées par le scénographe Bruno Graziani, pour Le Public Systeme Cinéma. “C’est à moi ensuite de faire naître ces créations en vrai. Et je dois dire que cette année particulièrement, nous avons pu réaliser exactement ce qui était sur le papier”. Toujours en homme tranquille, Mohamed Khatiri assure que les seules contraintes étaient celles du temps. “Etre dans les délais, respecter les plannings de montage et démontage, c’est le plus délicat, et parfois ces délais sont respectés à quelques heures près”. En tout, il aura fallu trois mois et demi de travail pour une semaine de festival.

Hommage à ses équipes

“Je voudrais insister ici sur la qualité du travail de mes équipes. Tous les employés de la décoration, pour la plupart, habitants de Marrakech, ont une grande générosité au travail. Et leur disponibilité est sans faille, même quand il faut assurer le spectacle sous la pluie. J’ai fait en sorte de responsabiliser des petits groupes de travail, et le résultat s’en ressent. Il y a une vraie cohésion, dans la bonne humeur, et une fierté aussi de travailler sur un tel projet”.

Hommage à Marrakech

“J’adore cette ville. Et d’ailleurs, comment ne pas l’aimer. Avec un soleil radieux en plein décembre, et la vue sur l’Atlas enneigé, Marrakech est une carte postale, et une vitrine pour le monde. Je ne verrais pas le FIFM ailleurs qu’à Marrakech. Et je peux vous dire, en côtoyant de près les stars internationales présentes au festival, qu’elles comptent toutes revenir un jour, touchées par sa magie.”

Texte et entretien Stéphanie Jacob 

Photos Made in Marrakech