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FIFM 2012 - Ce que ce Festival a de plus que les autres

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ACTUS L’heure des au revoir a sonné. Après une semaine de cinéma, le Festival International du Film de Marrakech a baissé le rideau, samedi 8 décembre, sur sa 12è édition. Retour sur ce qui rend le Festival unique.

Son palmarès

Le jury, présidé par John Boorman, a rendu son verdict. L’Etoile d’Or est revenue au film libanais L’Attentat de Ziad Doueiri. Un long métrage qui a fait grand bruit et une récompense du jury qui passe un peu comme un acte politique. En effet, l'histoire raconte un épisode délicat de la vie d'un chirurgien d'origine palestinienne, marié à une israélienne.  

Son public

Le public marocain est exceptionnel pour tous ceux qui sont dans la lumière. Acclamé, adulé, reconnu, le star system, d’où qu’il vienne, profite pleinement de cette foule, qui sait se faire entendre. Ils savent pourquoi, et surtout pour qui, ils sont là. Mais c’est sûrement plus compliqué pour les organisateurs et pour ceux qui doivent assurer la sécurité. En effet, la ferveur qui s’empare du public à l’apparition d’un Shahrukh Khan a de quoi les faire frémir. Et les files d’attente aux projections du Palais des Congrès sont parfois de vrais hymnes à la désobéissance. Les agents de la sécurité et les policiers présents doivent user de fermeté pour retenir une horde de spectateurs pressés de s’installer dans la salle obscure. Mais, ce que l’on retient surtout, c’est le nombre important de jeunes marocains, qui viennent profiter de ces séances gratuites de cinéma. Une volonté affirmée de partager cet évènement majeur avec les habitants de la ville et tous ceux qui la visitent.

Son cinéma national

Le Festival est l’occasion pour le cinéma marocain de briller à l’international. D’ailleurs, le producteur Karim Abouobayd a été honoré, mercredi 5 décembre, pour son travail qui a fait connaître le Maroc à l’étranger. Depuis trente, ce natif de Marrakech oeuvre pour le cinéma en général, et pour des productions Hollywoodiennes à gros budgets, en particulier. Pourtant, l’homme a su rester simple, s'évertuant à mettre en avant la grande famille du cinéma, en commençant par les techniciens et artisans avec qui il collabore. Il est à la tête de la société de production “Dune Films”, aux côtés d’Ahmed Abounouom et Abdelhafid Balafrej. Leur collaboration a fait de leur société le leader du marché anglophone cinématographique et audiovisuel au Maroc.

Le cinéma marocain surprend en s’ouvrant toujours un peu plus à des sujets sensibles, comme la violence, l’homosexualité et la drogue. D’un côté, des associations combattent les fermetures de salles obscures, qui parfois privent une ville entière de cinéma, et de l’autre, des studios aux normes internationales s’ouvrent.

De plus en plus de films marocains sont produits chaque année. Un élan porté par le Festival, avec deux films en compétition cette année, Horses of God, réalisé par Nabil Ayouch et Zéro, réalisé par Nour-Eddine Lakhmari.

Ses Master Class

Un principe cher au Festival. Les Master Class offrent l’occasion aux étudiants en cinéma, d’approcher des pointures et surtout de s’enrichir de leurs enseignements. Cette édition a convié le réalisateur de Black Swan, Darren Aronofsky, Jonathan Demme, à la filmographie de rêve, avec en vedette, Le Silence des Agneaux, le réalisateur italien Matteo Garrone et le philippin Brillante Ma. Mendoza. Pour les précédentes éditions, des Master Class ont été données par, notamment, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Emir Kusturica ou Jean-Jacques Annaud.

Les BA de la Fondation

Pas moins de trois cents personnes ont bénéficié gratuitement de l’opération de la cataracte, et ainsi recouvré la vue. Les patients viennent de la région de Marrakech Tensift Al Haouz et ont été opérés à l’Hôpital Al Antaki de Marrakech, début décembre. Une action de la Fondation du Festival International du Film de Marrakech, en partenariat avec la Fondation Hassan II d’Ophtalmologie et le ministère de la Santé. Cette année encore, des artistes sont allés visiter ces patients à l’hôpital, avec la marraine de cette cinquième campagne, l'actrice indienne Sridevi.

La Fondation a également adapté sept films en audiodescription, à destination des non-voyants et malvoyants. Venus de tout le Royaume, ces festivaliers sont pris en charge par la Fondation.

Texte Stéphanie Jacob
Photo FIFM