People, Culture

FIFM 2002 : Un accent très américain !

Par: Julien ANTINOFF  

FESTIVAL Après une première édition réussie, le Festival International du Film de Marrakech décide de frapper fort avec une présence de stars très nombreuses et une présidente du jury charismatique : Jeanne Moreau. Lors de cette édition, Francis Ford Coppola et David Lynch ont été honorés pour l’ensemble de leur carrière. Revivons ces grands moments.

L’organisation du Festival International du Film de Marrakech (FIFM) choisit, en cette année 2002, d’organiser la cérémonie d’ouverture au Palais Badii. Un choix judicieux, car ce palais datant du XVIème siècle est tout simplement magique. Exit donc le Palais des Congrès et son architecture un peu trop classique. Exit aussi le fameux tapis rouge, remplacé par des tapis marocains, pour jouer au maximum la carte du dépaysement et de l’Orient. Ces quelques détails organisationnels réglés, il était temps de lancer cette seconde édition. En présidente du jury longs métrages, nous retrouvons l’actrice française Jeanne Moreau, qui, pour l’anecdote, n’hésitera pas à être autoritaire avec ses collègues jurés les moins ponctuels. Par ailleurs, elle est conquise par cette première soirée : “Ce soir est unique. Ce lieu est magique. Cet instant nous appartient, alors profitons-en. Je ressens une énergie mystérieuse. J’ai envie de dire que je suis enchantée, sous le charme.”

Deux légendes du cinéma
Suite aux incidents tragiques de septembre 2001, de nombreuses stars américaines avaient déclinés l’invitation du FIFM. Les organisateurs ont, donc, tenu à rendre hommage à deux poids lourds du cinéma US : Francis Ford Coppola et David Lynch. En ce mercredi 18 septembre 2002, jour de cérémonie d’ouverture, la présidente du jury remet au réalisateur d’Apocalyspe Now, un trophée d’honneur pour l’ensemble de son oeuvre “Nous allons lui offrir... une étoile de Marrakech”, déclare Jeanne Moreau.  Ému par la standing ovation reçue, le réalisateur américain explique : “C’est pour moi un immense plaisir d’être de retour dans cette ville merveilleuse”. Le lendemain, nous retrouvons le même Francis Ford Coppola détendu, répondant aux multiples questions. Une taraude particulièrement l’assemblée, elle concerne ses projets. Propriétaire d’un hôtel et d’un vignoble, ces deux activités ont “monopolisé mon énergie créative. Ma femme me dit : arrête tout ça ou arrête de te plaindre” s’amuse Coppola. Et le cinéma dans tout ça ? Le père de Sofia et de Romain Coppola souhaitait s’engager dans son projet de Megalopolis, né suite à la chute financière de One From The Heart (Coup de coeur). “J’ai passé dix ans de ma vie, de 40 à 50 ans, à faire un film par an pour payer les dettes et j’avais donc besoin d’un rêve. je voulais faire un film qui changerait le monde, qui apporterait un nouveau langage comme l’on fait Sravinsky, Joyce ou Picasso”. Dix ans après, ce projet a dû finir dans un carton ou dans un tiroir...

L’autre artiste américain récompensé lors de ces cinq jours de festival est David Lynch. L’actrice Catherine Deneuve était touchée de lui remettre son Étoile de Marrakech : “C’est un artiste exceptionnel qui aura tant exploré, la peinture, la musique, et même internet.” Le touche à tout a offert au FIFM son dernier long-métrage Mulholland Drive et a réagi après la remise de son trophée : “Je suis touché par l’accueil chaleureux et par l’hommage que vous me rendez ce soir. Le cinéma est un langage universel. La famille du cinéma dit que le cinéma parle de nos différences mais il parle de manière plus apparente.” 

Pour rappel le jury présidé par Jeanne Moreau avait remis l’Étoile d’Or au film Go d’Isao Ykisada. 

Texte Julien Antinoff

Photo DR

Voir notre dossier sur les 8 moments de l'histoire du FIFM.