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FIFM 2001 : Tout a commencé un vendredi

Par: Julien ANTINOFF  

FESTIVAL Le vendredi 28 septembre 2001 reste une date à part pour l’industrie cinématographique marocaine. Grâce aux efforts de nombreuses personnes, le Festival International du Film de Marrakech voit le jour. Retour sur ce lancement.

C’est dans un contexte très délicat que le premier Festival International du Film de Marrakech (FIFM) s’est ouvert. Le vendredi 28 septembre, soit 17 jours après les attentats du World Trade Center, la cérémonie d’ouverture avait officiellement lieu. Le premier film projeté est celui du réalisateur égyptien Youssef Chahine, Silence, on tourne. Les organisateurs ont maintenu le festival, malgré de nombreux désistements. En effet, les stars américaines ont toutes déclinés l’invitation, suite au 11 septembre, comme Matt Dillon, Andie MacDowell et Rosanna Arquette. Ce qui fît dire à Daniel Toscan du Plantier, président du festival, “le désir de tous l’a emporté sur les faiblesses de certains.” Des personnalités comme Richard Anconina, Jamel Debbouze, Claude Miller, Patrick Bruel avaient tenu à honorer le festival de leur présence. Aujourd’hui quand Mélita Toscan du Plantier se remémore cette première édition, elle explique : “Après les évènements du 11 septembre, cette première édition était un vrai défi. C’était très déprimant, car beaucoup d’invités internationaux annulaient. Je ne remercierai jamais assez Sa Majesté le Roi Mohammed VI d’avoir eu l’ambition et la volonté absolue de néanmoins maintenir le festival alors que même mon mari (Daniel Toscan du Plantier) n’était plus sûr.” Dès l’année suivante, les américains se rendront au FIFM, pour preuve, la présence de Francis Ford Coppola en 2002. 

La Naissance
Le Festival International de Marrakech est né, officiellement, en septembre 2001. Mais, pendant près d’une décennie, de nombreuses personnes lui ont permis de se développer dans l’ombre, au premier rang desquelles Daniel Toscan du Plantier et Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Roi a soutenu ce projet pour deux raisons principales : la portée internationale d’un tel évènement et les retombées économiques et culturelles pour le Maroc. Depuis, son soutien a toujours été indéfectible envers le FIFM. La deuxième personne centrale dans ce projet est Daniel Toscan du Plantier. Le producteur de cinéma français, président de la société OFF (Organisation de Festivals de Films) devient alors Président Exécutif du festival de Marrakech. Sa société, l’Académie des Césars et un comité marocain de personnalités politiques et du cinéma, organisent conjointement cette première édition. Le but du festival est certes, de donner une image positive du Maroc sur la scène internationale mais surtout de soutenir l'industrie cinématographique marocaine. Selon Noureddine Sail, directeur général du Centre Cinématrographique Marocain : “Entre 2001, 2002 et 2003, le Maroc produisait 3 films par an. Avec l’évolution du festival de Marrakech, le Maroc est arrivé à faire 20 films.”

Le Festival
La première édition a duré 5 jours - du 28 septembre au 2 octobre - et l’actrice britannique Charlotte Rampling restera comme la première présidente du Festival International du Film de Marrakech. Parmi la sélection officielle de huit longs métrages, le film Inch’Allah Dimanche de la réalisatrice Yamina Benguigui est le premier à avoir inscrit son nom au palmarès. Lors de cette même édition, Youssef Chahine et Omar Sharif furent primés pour l’ensemble de leur carrière. Enfin, une phrase forte reste de ce premier FIFM, elle a été prononcé par le réalisateur français Claude Lelouch : “Le Festival de Marrakech est très important surtout depuis que le cauchemar a déclaré la guerre au rêve” ajoutant “qu’ici le rêve gagnera la deuxième manche”. Il ne s’est pas trompé ! 

Texte Julien ANtinoff

Photo DR

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Article sur John Boorman président du FIFM 2012