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Daniel Toscan du Plantier : un amoureux du Maroc

Par: Julien ANTINOFF  

FESTIVAL Ce troisième volet de notre dossier sur les grands moments du Festival International du Film de Marrakech est consacré à un homme important dans la création de ce rendez-vous : Daniel Toscan du Plantier. Sa disparition tragique en 2003 a laissé orphelin un festival qu’il avait aidé à créer. Aujourd’hui sa femme Mélita Toscan du Plantier en est la directrice et poursuit l’oeuvre de son mari.

Comme un symbole, Daniel Toscan du Plantier s’éteint le 11 février 2003 en plein Festival de Berlin. Il décède d’une crise cardiaque, alors qu’il était présent dans la capitale allemande pour la 53ème Berlinale. Cet homme passionné de cinéma a pris une importance considérable dans le monde cinématographique français. À la fois producteur, président de l’Académie des Césars, ou à l’origine de la création de festivals - Marrakech peut en témoigner-, l’homme a commencé dans l’univers de la publicité.

Premier pas
Fraîchement diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, le jeune Toscan, comme tout le monde l’appelait, intègre la société de publicité Régie Presse. Dix ans après son entrée dans l’entreprise, il est contacté par la société de production cinématographique Gaumont. À 34 ans, il met un pied dans le Septième Art et devient Directeur Général de la plus ancienne société cinématographique au monde. Pendant cette période, il produit des films cultes : La Cité des Femmes de Federico Fellini, À nos Amours et Police de Maurice Pialat... Son importance dans le cinéma grandit, il est nommé au Conseil d’administration du Festival de Cannes, Président de la Cinémathèque de Toulouse, Président d’Unifrance, mais aussi Président de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, l’organisme remettant les Césars. L’Académie a d’ailleurs créé le Prix Daniel Toscan du Plantier, décerné au meilleur producteur français de l’année, en hommage à Toscan. En parallèle de ces activités, il aide certains festivals à continuer leur route ou tout simplement à voir le jour. C’est le cas pour le Festival International du Film de Marrakech (FIFM). 

Toscan et le Maroc
Durant les années 90, dans l’ombre, il réfléchit à la création d’un festival à Marrakech. En présentant le projet à Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, ce dernier est conquis et soutient cette création. Le FIFM vient de naître. Mais la première édition, en 2001, est très difficile, nous sommes quelques semaines après les attentats et de nombreuses manifestations culturelles sont annulées. Mais pas celle de Marrakech. Daniel Toscan du Plantier arrive, malgré le contexte, à réunir de nombreuses personnalités. Beaucoup disent que sa présence dès le début de l’aventure a permis de gagner des années dans le processus d’installation du festival dans l’agenda culturel mondial. Son décès, deux ans après le lancement du FIFM, est donc un énorme choc. André Azoulay, conseiller de Sa Majesté et vice-président délégué de la Fondation du Festival lui rend un hommage appuyé : “ Le Maroc et le cinéma ont perdu aujourd’hui un ami loyal et un partenaire de qualité. Avec la passion, l’énergie et l'enthousiasme qui le caractérisent, Daniel Toscan du Plantier a su apporter au Festival International du film de Marrakech, dès sa première édition, les atouts du succès et il avait su lui donner la marque des grands professionnels.”  Pour honorer la mémoire de son défunt mari et continuer son oeuvre, sa femme Mélita Toscan du Plantier accepte de prendre la direction du FIFM. Aujourd’hui encore, elle est à la tête de la manifestation. 

Le troisième festival est le premier sans son créateur. Un vibrant hommage lui est rendu. Pour le dixième anniversaire du FIFM, Toscan est encore à l’honneur. Un film de quatre minutes est diffusé, ainsi qu’un documentaire sur sa vie. En cette année 2003, le Maroc a perdu bien plus qu’un fidèle admirateur...

Texte Julien Antinoff

Photo DR

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