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Camila Aouatefe : Le cinéma comme raison d’être

Par: Julien ANTINOFF  

FIFM Pendant que les têtes d’affiches de ce quatorzième Festival International du Film de Marrakech –Mélanie Laurent, Isabelle Huppert, Laetitia Casta – défilent tous les soirs sous l’œil attentif des photographes et des spectateurs, d’autres sont aussi invités à prendre part à cet évènement mais se font plus discrets. C’est le cas de la jeune actrice, Camila Aouatefe, venue présenter le film La Moitié du Ciel d’Abdelkader Lagtaâ, sélectionné dans la catégorie « Coups de cœur ». Portrait.

« Je ne prétends pas être une grande actrice, je suis en phase d’apprentissage », par cette phrase Camila Aouatefe résume son état d’esprit. Passionnée par l’art et par celui que l’on considère comme le septième en particulier, Camila tente de percer dans ce milieu concurrentiel notamment lorsque l’on est une femme : « J’ai des dizaines d’anecdotes sur des castings où l’on me faisait venir le soir, etc. Vous voyez le genre ! »

Prête à tout pour réussir, tout en restant fidèle à ses principes, Camila a commencé très jeune à s’intéresser à l’univers artistique : « La danse, le chant, l’expression scénique, sont des domaines qui m’ont toujours séduit. » Après une expérience de six ans en tant que chargé de production et directrice de casting, elle se décide à passer devant la caméra. Elle entre, alors, aux Cours Florent avant de faire l’école d’art dramatique Jean Perimony. En parallèle de ses études, elle tourne ses premiers courts-métrage. 
Si personne ne lui a donné envie de faire ce métier « à part peut-être Charlie Chaplin et le grand Quentin Tarantino », elle porte un regard très concret sur le cinéma marocain : « Le film Casanegra de Noureddine Lakhmari a marqué un vrai changement. C'est le premier à avoir osé le film d'action au Maroc. Après il y a eu Kanyamakan de Said C. Naciri qui est le premier à m'avoir fait confiance. Mais mentalement on est encore dans les années 80. »

Une passion débordante
Actuellement en manque de tournage, Camila Aouatefe ne se laisse pas pour autant abattre. Mieux, elle a même de nombreux projets : « J'essaye d'écrire un film pour passer le concours Méditalent et je dois monter un court-métrage intitulé Rose que j’ai réalisé et dans lequel je joue également ».Tout au long de ces années des barrières se sont dressées devant elle : « J’ai une tranche d’âge, un profil. Au Maroc, les personnes me voient comme une française immigrée et en France comme une arabe. Je me suis retrouvé face à des situations où ces critères ont lourdement pesé. » Ce n’est plus le talent qui est alors jugé mais le physique. Une remarque lors d’un casting sur son prétendue mal être avec son corps, la pousse à prouver le contraire dans un clip où elle se met en scène sur la chanson « Carmen » de Stromae (voir sur ce lien).

Sa persévérance a fini par payer puisqu’elle est à l’affiche du dernier film d’Abdelkader Lagtaâ, La Moitié du Ciel. Sélectionné au FIFM, dans la sélection « Coups de cœur », ce long métrage raconte l'histoire du poète Abdellatif Laâbi, arrêté dans les années 1970 pour délit d'opinion. Camila joue le rôle d’une des femmes des prisonniers.

Elle ne compte pas en rester là et pourrait à l’avenir, découvrir d’autres horizons avec le même fil conducteur : Sa passion pour le cinéma.

Photo DR