Culture

Allons faire un tour en calèche

Par: Julien ANTINOFF  

BALADE La fameuse calèche, un passage obligé pour tout touriste en visite à Marrakech. Les monuments, la Palmeraie, l’Hivernage, le cocher se fera un plaisir de vous balader et de vous raconter l’histoire de la ville. Mais la calèche a aussi une réputation d'arnaque par excellence, alors partons faire un tour et vérifions par nous mêmes.

Première étape : trouver une calèche. Ce n’est pas le plus difficile à Marrakech. Il y en a partout, certains cochers parcourent même la ville à la recherche de potentiels clients. Le QG des attelages se trouve à côté de la Place Jemaa El Fna, en face du Club Med. Au total, la ville comptabilise environ 150 calèches. Nous allons chercher la nôtre, en face de l’hôtel Marrakech, un autre point de repère, avec celui du Jardin Majorelle. Une envie nous a pris, en ce vendredi après-midi ensoleillé, de redécouvrir notre si belle ville autrement qu’en taxi, en moto ou à vélo. Et puis la calèche c’est aussi écolo ! Après d'âpres négociations sur le montant de la course, plus que sur le parcours, nous grimpons sur les sièges confortables au tissu rose des plus chatoyants. Notre cocher, Najib, monte à son tour, prend les rennes et envoie son premier “Ira, Ira” de l’après-midi, suivi d’un petit coup de fouet pour faire avancer ses deux équidés. 

Parcours touristique
À bord de la calèche numéro 95, nous remontons l’avenue Mohammed V, direction Jemaa El Fna au son des sabots et des clochettes installées sur notre moyen de transport du jour. En plein coeur des bus, voitures, mobylettes, nous avançons à notre rythme, un vrai rythme de sénateur. La différence est choquante entre ces voitures lancées à toute allure et nous paisiblement occupés à regarder à droite et à gauche. Najib nous signale la Place Jemaa El Fna avant de tourner à droite le long de la Koutoubia pour longer la Mamounia. Passée l’effervescence de Guéliz, le calme de l’Hivernage fait le plus grand bien à l’heure de la sieste. Les hôtels défilent, et nous croisons de nombreuses personnes ayant eu l’idée de la balade à cheval. Les quelques passages à l’ombre et le petit vent qui accompagne notre excursion font le plus grand bien. Car oui, il ne fait pas loin de 30° dans notre cité ocre. Seul élément dérangeant, cette pollution constante. Notre visite continue par l’Avenue Mohammed VI, son Palais des Congrès, son Théâtre Royal, et ses allées fleuries. Les chevaux prennent à droite au niveau du Théâtre pour repartir dans le brouhaha du centre-ville. La promenade touche à sa fin, nous rentrons au bercail. Les chevaux soufflent enfin, Najib attend sûrement les prochains clients et nous sommes ravis de notre petite heure passée en sa compagnie. Ah, nous oublions, cela nous a coûté 150 dirhams, un peu élevé, mais en ce vendredi nous sommes généreux ! 

Quelques infos sur les calèches :
À Marrakech, il y a environ 150 calèches, toutes disposent d’un numéro.
Le prix d’un cheval, à l’achat, est de 8.000 dirhams, il en faut deux pour faire un attelage.
L’assurance de l’animal est de 1.250 Dh/an et les impôts de 1.000 Dh/an. 
Par jour, un cocher dépense 100 dhs pour son cheval (entretien, nourriture...)
Enfin la Société de Protection des Animaux et de la Nature (SPANA) contrôle les chevaux environ tous les quatre mois et peut interdire à un cheval de travailler si son état est mauvais. 

Texte Julien Antinoff

Photo DR