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Les jardins de Marrakech : le jardin El Harti

Les jardins de Marrakech : le jardin El Harti

Publié le 7 janvier 2011  |  A savoir

SOCIETE Parmi tous les noms qui sont donnés à Marrakech, outre la ville rouge ou ocre, la ville-jardin est une dénomination qui lui était autrefois souvent attribuée. Depuis l’envol économique de la cité, les étendues de béton et les tours résidentielles empiètent peu à peu sur les espaces verts, mais cinq jardins majeurs subsistent. Commençons notre tour d'horizon par le jardin El Harti.

Ancienne oasis connue pour ses dizaines de milliers de palmiers, la flore marrakchie a laissé place au progrès. Situé entre l'Hivernage et Gueliz, on pourrait penser que la végétation du jardin El Harti est un îlot de verdure indestructible datant des Almoravides, mais la réalité est tout autre, puisqu'il n'a été construit qu'au début des années 30.

La naissance du jardin

Selon les historiens et les plans, si aujourd'hui il est délimité par l'avenue Hassan II, il s'étendait autrefois sur une zone beaucoup plus vaste, en dessous de cet axe routier. C'est désormais une frontière entre les deux principaux quartiers de la nouvelle ville. A l'époque du protectorat français, lors des premiers pas de Gueliz et l'Hivernage, le plan d'aménagement urbain se faisait sous les directives des hauts fonctionnaires européens. Déjà durant cette période, cet espace se percevait comme un lieu d'échanges ouvert à tous. Le jardin avait été pensé pour accueillir jeunes et vieux, familles et couples, dans un endroit serein où chacun trouve sa place. Dans un cadre qui ressemble aux parcs occidentaux avec ses pelouses et ses grands arbres ombrageux, une construction à l'architecture peu orthodoxe mêle la communauté berbère au reste du jardin. Il s'agit des anciennes tours de surveillance d'origines sahariennes, réhabilitées en pigeonniers. La plupart des aménagements présents de nos jours y étaient dès la création. Le kiosque à musique, les jets d'eau, les pergolas et les bancs n'ont pas bougé, seules quelques rénovations leur ont été apportées. Les jeux pour enfants représentants des dinosaures ont été rajoutés par la suite.

Une nouvelle vie

Resté de nombreuses années inchangé, le jardin El Harti est tombé en désuétude avant de connaitre une nouvelle vie après 2002. La communauté urbaine de Marrakech assistée de l'association internationale des maires francophones (AIMF), a pris les choses en main. 6 millions de dirhams ont été débloqués pour replanter et rafraîchir les espaces verts. L'architecte Souad Belkziz fut chargée de créer le nouvel aménagement du jardin. Son travail apporta beaucoup dans le renouveau du lieu, autant au point de vue esthétique que pratique. Des systèmes d'arrosage et d'éclairage ont été intégrés, les anciennes bâtisses vétustes ont laissé place aux allées cimentées et aux nouvelles constructions et de nouveaux bancs ont remplacé les anciens qui portaient les marques sculptées des amours adolescents, tous ses changements ont permis de rendre ce lieu plus agréable et vivable dans son siècle. Grâce aux pépiniéristes locaux et aux paysagistes étranger, envoyés par la mairie de Paris, l'implantation d'une large diversité florale et végétale a fait évoluer le jardin en un véritable circuit botanique. Palmiers, arbustes, roses, fleurs des champs, plantes grimpantes, une nouvelle végétation s'est emparée du lieu.

La fréquentation du jardin quant à elle reste la même depuis toujours. Si les arbres ont changé, certains bancs voient chaque jour les mêmes visiteurs lire leur journal depuis des années. Les jeunes d'il y a cinquante ans ont pris la place des retraités et leurs petits enfants la leur, tel un véritable cycle naturel au cÏur de la ville.

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