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Karim El Achak : "La 46eme édition du Festival National des Arts Populaires, une réussite ...

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FESTIVAL La semaine dernière a eu lieu à Marrakech la 46eme édition du Festival National des Arts Populaires. Véritable succès cette année encore, cette manifestation a attiré plus de 200 000 spectateurs, venus admirer les troupes originaires des quatre coins du pays pour fêter la diversité culturelle du Maroc, à travers la musique. Rencontre avec l’un des acteurs majeurs de l’évènement, Karim El Achak, nouveau président de la Fondation des Festivals de Marrakech…

Karim El Achak :  La 46eme édition du Festival National des Arts Populaires, une réussite !

Made in Marrakech : Vous êtes, depuis Janvier, le nouveau président de la Fondation des Festivals de Marrakech, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre mission ?


Karim El Achak : Parmi les évènements organisés par la FFM, le Festival National des Arts Populaires occupe une place majeure. C’est un moment où le Maroc se retrouve et partage en musique et en paroles son patrimoine culturel. Mon arrivée à la présidence de cette institution m’a donné l’opportunité de m’entourer d’un nouveau bureau de personnes d’univers variés. Avec elles, nous avons essayé de créer du renouveau au sein de cette édition du Festival, tout en gardant les moments typiques qui en font sa richesse. La direction artistique a d’ailleurs su relever ce défi haut la main, en offrant, cette année encore, un spectacle exceptionnel au public.

Made in Marrakech : Comment le Festival National des Arts Populaires a-t’il vu le jour ?

Karim El Achak : La première édition a pris place à Marrakech, en 1959. Ce Festival, c’est avant tout la vision d’un roi, Mohamed V, qui souhaitait un moment de rencontre au Maroc pendant lequel ses habitants vivraient leur diversité culturelle. La Ville de Marrakech représentait parfaitement cette notion de contrastes et d’interactions. Sa position géographique a aussi été probablement un élément déterminant dans le choix de l’endroit où se tiendrait la manifestation : au cœur du Maroc, à mi-chemin entre les différentes régions du pays.

Made in Marrakech : Comment le Festival a-t-il évolué au cours des années ?

Karim El Achak : Le Festival a connu des beaux moments, mais aussi des moments difficiles, des années où il n’a pas pu avoir lieu. Cependant, le relai a toujours été assuré pour qu’il perdure et que la transmission de l’histoire culturelle du Maroc qu’il représente, ne s’éteigne pas. Depuis quatre ans, les opérateurs de Marrakech ont d’ailleurs pris de nombreuses dispositions dans ce sens. Les prérogatives de la FFM pour sauvegarder les bases du festival sont notables et l’objectif est intact : Savoir offrir un évènement culturel phare, tout en faisant preuve de renouveau.

Made in Marrakech : Quelles ont été les nouveautés apportées par cette 46e édition ?

Karim El Achak : Notre but, cette année, était avant tout de recréer, de redynamiser l’évènement en impliquant toutes les générations : nous voulions garder ces moments typiques tout en y intégrant des nouveautés qui pourraient éveiller l’intérêt d’un public nouveau. Nous avons donc décidé de ne pas résumer le festival à des moments de scène, et de créer un espace parallèle : le Village, grande nouveauté de cette 46e édition. Au travers du Village, nous avons mis en place de nombreuses activités pour mettre en valeur le patrimoine culturel marocain : animations pour enfants, projections de films, expositions sur les arts et métiers ou encore vente d’instruments de musique, nous avons diversifié les activités en ne nous contentant pas des spectacles créés par les troupes présentes. Celles-ci avaient d’ailleurs des tentes pour les accueillir, où le public pouvait venir discuter avec elles. Le Village a rendu cette édition du Festival plus interactive et dynamique, et les spectacles ayant lieu sur la grande scène installée au centre de celui-ci, ont connu un grand succès.

Made in Marrakech : Quels étaient vos objectifs cette année et quels sont-ils pour les années à venir ?

Karim El Achak : Nous nous sommes fixés des objectifs à court et à moyen terme, pour cette édition mais aussi pour les suivantes. Nous aimerions, à la veille du 50e anniversaire du Festival, avoir fait un saut qualitatif d’évaluation. Nous avons mis en place des chantiers et avons obtenu le soutien de plusieurs comités pour proposer des thématiques fortes et des contenus intéressants pour les éditions à venir. Nous avions aussi pour but, avec le Village, d’ouvrir une porte à l’internationalisation : nous avons d’ailleurs convié, cette année, trois troupes internationales à participer à l’évènement, pour, notamment, confronter à d’autres réalités notre art populaire. Nous aimerions continuer dans cette direction, dans les années à venir et faire de Marrakech la ville mondiale des arts populaires, avec des pays invités d’honneur, par exemple. Nous avons encore beaucoup d’idées pour améliorer le Festival et notre souhait principal est d’amener le plus de diversité possible au sein de celui-ci.

Made in Marrakech : Avez-vous une idée du nombre de personnes qui sont intervenues sur cette édition du Festival ?

Karim El Achak : Nous aurons les chiffres précis dans quelques jours, mais j’ai remarqué, cette année, beaucoup de jeunes travaillant sur le Festival. D’autres parts, nous avons accueilli plus de 450 artistes : 19 troupes se sont produites au Palais Badii et 5 de façon permanente au Village. Nous comptons d’ailleurs augmenter le nombre de troupes pour les années à venir.

Made in Marrakech : Qui souhaitez-vous toucher avec ce Festival ?

Karim El Achak : Notre souhait majeur cette année était de toucher la jeunesse, en créant un moment de rencontre, une occasion pour eux de connaitre leur culture. En créant une programmation variée et en y intégrant des nouvelles formes d’art (art populaire urbain, etc.), nous avons réussi à toucher un large public et, je pense, à changer quelque peu l’esprit des jeunes. Ce Festival est aussi un reflet de leur identité et il est important qu’ils en prennent conscience. Mais notre cible ne se limite pas qu’à la jeunesse : nous souhaitons en réalité toucher les Marrakchis en général, en créant cet évènement, expression de la festivité au Maroc. En faisant cela, nous aimerions créer un effet cascade et toucher les touristes. On voit de plus en plus de tourisme à vocation culturelle : en venant au Maroc, les gens veulent découvrir un peuple et vivre son art et son patrimoine d’une manière forte. En impliquant les locaux, nous touchons donc aussi, par extension, les internationaux.

 Made in Marrakech : Un dernier mot, avant de nous quitter ?

Karim El Achak : Les artistes et ce patrimoine ont besoin de nous tous pour perdurer, j’invite donc tout le monde à la participation, à soutenir les troupes et les rencontrer. Rendez-vous l’année prochaine, pour une nouvelle édition du Festival !

Propos recueillis par Elisa F.

 

Commentaires (1 commentaire posté)
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L'art populaire marocain est toujours entre les mains des riches

Avis posté le 8 juillet 2011

Une telle équation ne pourra donner qu'un résultat très décevant. Quand j'ai su que les artistes étaient payé entre 150 dh et 200 dh la journée, et que après les spectacles on les empilait dans des bus du transport public (Alsa) pour les renvoyer à quelques kilomètres de marrakech dans l'internat d'une école, ou ils ne peuvent rien faire que bavarder comme ils l'ont toujours fait dans leurs villages, cette déception s'est gravement accentuée. Quand j'ai su aussi qu'ils devaient s'assurer par eux même leurs nourriture et qu'après les spectacles ils devaient passer aux épiciers du melah pour acheter des "Raibi" et du pain au fromage, s'ils l'en trouvent bien sur... sans détailler les informations que j'ai eu de ces malheureux artistes, et des manières avec lesquelles on les traitait. Quand j'ai su tout cela, je me pose la question, ou vont les sommes recueilli de ces 200000 spectateurs? ou vont aussi les sommes offertes par les sponsors? je me demande aussi pourquoi la direction artistique était si médiocre, alors que la richesse créative des troupes est incalculable. j’étais voir plusieurs fois les spectacles en espérant que la machine qui tient le festival fasse plus d'efforts, mais malheureusement c’était accablant à chaque fois. je ne peux qu'être désolé pour ces gentils artistes qui on prive de ce qu'on offre généreusement aux artistes orientaux.

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