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Attaque ou défense, un but commun

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Publié le 25 août 2011  |  Culture

FOOTBALL Le Maroc, comme beaucoup de pays arabes, est souvent perçu comme un lieu d’accueil, dont « hospitalité » et « échange » sont les maitre-mots. Tout y est généralement prétexte à la socialisation : dans la rue, chez eux ou au travail, les habitants aiment discuter et rencontrer amis et voisins, quotidiennement. La vie n’est conçue qu’en commun et chaque journée est rythmée par le partage avec les autres. Le marocain aime parler, rire et échanger, autour d’un bon plat ou à la terrasse d’un café. Cette culture de groupe se note aussi au travers du sport national, le football, très apprécié des jeunes comme des plus âgés…

Chaque jour, j’observe de ma fenêtre ces groupes de garçons s’échanger la balle, criant et courant généralement en tout sens. L’espace de construction qu’ils occupent, à vite été transformé par leur soins, en un véritable terrain de football improvisé, où les pulls posés par terre font office de cages de buts, et où les lignes de délimitation sont tracées à l’aide des chaussures des joueurs. Les groupes changent souvent, au fil des heures. Alors qu’à l’aube, les jeunes garçons d’une dizaine d’années prennent généralement possession des lieux, l’espace est occupé en fin d’après-midi par les adultes, désireux d’échanger quelques tirs de ballon après le travail. Le soir, l’attraction continue, mais dans la rue cette fois. Les enfants, revenus sur place, délaissent le terrain vague, pour la route de goudron, éclairée par les lampadaires qui la bordent. Plus facile, tout de même, de jouer dans la lumière !

Quand les parties s’enchainent... 

Ainsi, chacun leur tour, petits comme grands enchaînent actions et appels de balle, à toute heure de la journée. Le spectacle prend généralement fin aux alentours de minuit, et reprend souvent quelques heures plus tard, au lever du jour. Inutile alors de préciser que les joueurs ne connaissent pas de repos dominical : sept jours sur sept, les matchs rythment le quotidien des garçons, préférant le jeu à la détente. Autour du ballon, ils se rencontrent et profitent de ce moment d’échange. Les équipes se forment et les parties recommencent, jusqu’à épuisement.

Partout dans la ville, le même spectacle prend place. Des stades et des terrains improvisés bordent les routes de Marrakech. Dans la rue, il est presque normal de croiser des jeunes, ballon au pied, toujours prêts à entamer une nouvelle partie ou une discussion sur leurs modèles : les Lions de l’Atlas, dont ils peuvent parler pendant des heures, débattant de qui est le meilleur joueur de l’équipe de la nation et pourquoi. Au fond, peu importe mais là encore, l’échange est de mise. Le marocain aime la discussion et la rencontre. Et l’exemple du football, représente plus que jamais cet aspect de sa personnalité, mais aussi de son pays tout entier.

Texte et photo : Elisa F.