Cette initiative fait suite à la décision du Conseil communal de la ville de réaménager et de renouveler cet espace, qui autrefois constituait un véritable lieu d’approvisionnement et de rencontres.
En un petit laps de temps, l’édifice, considéré comme un patrimoine de la ville, a disparu, ne laissant place qu’à de grandes vagues de poussières couvrant le ciel du boulevard Mohammed V. En lieu et place, le conseil prévoit la construction, sur une superficie de 13.000 m2, d’un complexe commercial plus moderne regroupant, entre autres, un parking d’une capacité de 300 voitures, un espace commercial, des bureaux, des cafés et des restaurants.
Si la décision du Conseil Communal de démolir ce marché trouve ses explications dans la nécessité de réaliser une certaine "homogénéité urbanistique" de la ville de Marrakech, elle a en revanche été jugée "dure" et "injuste" par l’ensemble des commerçants qui, autrefois, et pendant de longues années y exerçaient leur principale activité. ême si ces commerçants ont accepté les solutions proposées et les garanties offertes par le Conseil communal de la ville pour leur déménagement dans un nouvel espace en attendant leur retour sur les lieux une fois le nouveau complexe achevé, certains d’entre eux n’ont pas manqué de faire part de leurs "craintes" et leurs "d’inquiétudes".
D’autres ne cachent pas leur colère après l’annonce des prix "exorbitants" pour l’acquisition de magasins dans le nouveau marché, qui sera opérationnel d’ici deux ans et auquel une enveloppe budgétaire globale de l’ordre de 300 millions de DH a été allouée.
Ainsi, si le prix du mètre carré au sein du futur complexe a été fixé à 30.000 DH pour tout nouvel acquéreur (non bénéficiaire), il est de l’ordre de 15.000 DH pour les anciens commerçants qui le jugent "exagéré" et hors de leur portée.
Un membre de l’association des marchands du marché central a déclaré à la MAP que "les propriétaires de bazars et les vendeurs d’articles de poterie sont les grands perdants dans cette opération dans sa phase transitoire, étant donné que les touristes sont leurs principaux clients".
Il a fait remarquer que "50 pc des marchands concernés sont dans l’incapacité d’acquérir ces magasins au prix fixé" expliquant que "l’association a tenté, en vain, de faire baisser les prix du mètre carré à 5.000 ou 7.000 DH".
"Un autre problème relatif aux superficies des magasins proposées s’impose avec rigueur", a-t-il poursuivi, précisant que "certains types de commerce nécessitent une superficie plus grande, ce qui exige un investissement supplémentaire et par voie de conséquence constitue un grand handicap pour l’acquéreur". Le président du Conseil communal de la ville, M. Omar El Jazouli a, de son côté, indiqué qu’"afin de faciliter la tâche aux marchands pour l’acquisition de magasins dans le nouveau marché, le conseil communal de la ville s’est engagé à accorder toute l’aide nécessaire, notamment pour l’obtention de crédits auprès des établissements bancaires". L’ancien marché, a ajouté M. El Jazouli, ’"contenait , en 1920, 76 magasins, nombre qui a augmenté par la suite pour atteindre 196, plus sept maisons, le siège de l’association des anciens résistants, deux restaurants, un café et sept parkings".
"le marché de Guelliz ne relève pas du patrimoine de la cité ocre, mais constitue un simple édifice qui remonte à une étape précise et qu’il est temps de le reconstruire selon des critères plus modernes qui tiennent compte de la position et du degré d’évolution de la ville", a-t-il dit.
