La 5e édition du festival On marche s’est tenue avec ferveur dans un climat de restrictions budgétaires. En présence de compagnies de Tunisie, du Liban, d’Algérie, d’Égypte, de France…
La 5e édition du festival de danse contemporaine On marche vient de s’achever à Marrakech. La Marocaine El Hassania Himmi est de dos, le corps et le visage également voilés. Mains et pieds prennent appui sur un minuscule tapis de sol. Prête à bondir, elle bouge à peine. Son spectacle s’appelle Transhumance. C’est la première fois qu’elle monte sur scène devant un public. Chorégraphie à l’étroit, sobre, exempte de son et presque de gestes, Transhumance dit de manière efficace la situation de la danse contemporaine au Maroc. Même impression avec Tellement simple, première expérience de scène aussi pour les Marocaines Meriam Houguig, Ilham Bouamar et Fatima Ezzohra Himmi. Fatima est la sœur jumelle d’El Hassania dont nous venons de parler. « Je fais des études d’infirmière, nous confie-t-elle, et contrairement à ma sœur, je suis obligée de danser en cachette de mes parents. Deux sœurs danseuses, c’est trop pour eux ! » Chacune danse sa partition sur une aire minuscule. Fatima, les pieds entravés par des cordes, chute au moindre pas. Cette délicate pratique de la danse contemporaine au Maroc se signale aussi par l’accent mis sur le dos comme l’envers contemporain du ventre, ce morceau de choix de la danse traditionnelle. Les bandes-son, elles, surprennent par leur violence ; bruits d’impacts de balles et d’implosion.Source: Humanite.fr