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Bilan du festival d Essaouira

Bilan du festival d'Essaouira

Publié le 23 juillet 2006  |  Culture

CULTURE 500 000 personnes se sont mobilisées en cette 9ème édition du festival d'Essaouira, toutes amoureuses de la ville mystique, de musique ou de bonne ambiance. Des jeunes talents et des talents peu connus sur la scène marocaine se sont donnés rendez-vous et ceci pour le plaisir d'un public cosmopolite venus des 4 coins du globe.

Les artistes étaient comme à l'accoutumé de tout age et d'horizons différents...Avant de faire la liste des talents découverts lors de cette édition, une pensée s'impose à Mohamed Behzaz, mâalam gnaoui souiri qui nous a quitté le premier jour du festival, il faisait partie de la troupe du Mâalam Bakbou.

De Guinée, Ba Cissoko enflammait la scène, avec le guitariste maîtrisant le butterfly, le maître de la kora jouant des airs à la « Jimmy Hendrix » et l'arrivée du balafoniste Aly Keita. Venu du Pakistan, les chants soufis et la musique envoûtante de l'ensemble Qawaali déclencha l'admiration d'une foule attentive...de chez nous Ganga Fusion, avec 11 artistes, souiris, français et australiens ont mis une ambiance chaleureuse renforcée par l'arrivée décontractée de André Azoulay et de son épouse, pour lesquels aucun protocole n'a été prévu (et tant mieux). Arrivés dans le « carré VIP », une gène inutile se faisait sentir, inutile car André Azoulay venait découvrir de la musique oubliant presque sa fonction...mais petit à petit le public se levait et se lâchait aux rythmes gnaouis revisités par le groupe souiri ému par sa présence à ce festival. Plus tard sur la même scène, l'arrivée du Mâalam Bakbou et de sa gnaouia Khadija mit le feu au public...tous entrain de « rkez » (danse populaire marocaine avec les pieds (marocains)) sur scène et dans le public...le châabi était acclamé haut et fort, emportant toutes les âmes dans des transes spectaculaires même celle du plus jeune artiste sur scène du haut de ses 5 ans...la danse des cheveux de Khadija et de sa partenaire de scène, a été des plus impressionnante, d'abord par sa beauté et aussi par la capacité qu'ont ces deux femmes à ne pas s'évanouir après 300 circonvolutions du crâne pesant en plus de son poids 2 à 3 kilos de cheveux et ceci à une vitesse se rapprochant des 30 km/h...beaucoup de femmes tentaient elles aussi d'épater la galerie mais soit elles n'avait pas assez de cheveux ou ne résistaient pas plus que quelques secondes à ce rythme démesuré maîtrisé par ces deux artistes.

Dimanche, sous un soleil imposant, un ciel bleu azur et une brise d'été appréciée du public, Barry faisait la première partie du concert de clôture du festival. Barry, Barry, Barry, oui mais aussi et surtout Oum...à la voir, on pense d'abord à une métisse, à un beau mélange venu d'ailleurs...pourtant il s'agit d'une jeune artiste marrakchie aux origines sahraouies...sa voix suave a séduit le public souiri à qui elle demande de se réveiller avec son charmant « Wake up ». En plus de cette voix, elle accompagne Barry dans sa propagande désinvolte ; Beaucoup passent au crible ; Driss ou Johnny Walker Bush...le public marocain partage sans hésitation l'avis de Barry approuvé par le sourire discret de Oum. Contrairement à la veille, dans le « carré VIP » il y avait un autre « carré VIP », destiné aux vrais « VIP »...dont le conseiller du roi, le ministre de la Communication, le ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, le wali de la région de Marrakech, le gouverneur de la province d'Essaouira, le président du Conseil régional ainsi que d'autres personnalités dont notamment Xavier Guerrand-Hermès. Tous étaient sous le charme devant la magie de la ville mélangée à la magie du festival. Décontracté, mais un peu moins mélangé à la foule que la veille, André Azoulay applaudissait pendant que Barry criait dans son micro « Johnny Walker Bush man habbouch » cette scène est à retenir comme symbole d'une liberté d'expression qui s'améliore au Maroc...soyons optimiste !

La 9ème édition du festival d'Essaouira Gnaoua et musiques du Monde, clôturé par Rachid Taha attendu par des milliers de fans...et pour l' anecdote, il y avait même un papa qui malgré la foule a imposé la poussette de sa fille de 2 ans pour qu'elle découvre son idole.

La découverte de nouveaux talents n'a pas été le seul point fort de ce festival, des tables rondes et des entretiens avec et entre les artistes ont été organisé pour la première fois. Sous le nom poétique d'« arbre à palabres », cette démarche a permis une symbiose et une fusion culturelle dont est à l'origine l'alliance franco-marocaine dirigée par Olivier Deseez, en partenariat avec A3 Communication et Emanuelle Honorin, conseiller et spécialiste en charge des musiques du monde du magazine GEO.

Bilan positif, ainsi Neila Tazi avec l'aide de l'ensemble de l'équipe A3 Communication, des stagiaires, des techniciens et des partenaires a relevé le défi d'un festival réussi faisant de plus grandes promesses pour les 10 ans du festival... l'édition de l'année prochaine risque d'être surprenante et peut être même, à l'échelle nationale digne d'un Woodstock.